logo front vosges    Tourisme de mémoire 14-18, LE FRONT DES VOSGES     picto version anglaise site picto version anglaise sitepicto version anglaise site

LA BATAILLE DE L'ORMONT

Septembre 1914, la bataille des observatoires

La vallée du Hure et le Ban-de-Sapt sont envahis par les troupes allemandes dès le 25 août 1914 qui se fixent sur la colline de la Fontenelle le 12 septembre. La Cote 627 est alors traversée par un réseau de tranchées, les Allemands se maintenant sur le Massif de l’Ormont, au Donon, au col de Saales et à Sainte-Marie-aux-Mines.

Saint-Dié-des-Vosges, dont certains quartiers ont subi de graves dommages, est finalement évacuée par les Allemands. Toutefois, le massif de l'Ormont, au nord de la ville, constitue un observatoire majeur alors que le front va se fixer en avant de la frontière franco-allemande. Les Allemands vont tenter de conserver cet acquis afin de profiter de la formidable position centrale de cet observatoire naturel qui permet de contrôler l'ensemble de la Déodatie, du col de Sainte-Marie à La Roche Mère Henry. Seule la vallée de la Plaine et la Chapelotte échappent à ses vues. Avec la guerre de position, une nouvelle guerre, d'une importance stratégique majeure en montagne, s'allume ; la guerre des observatoires.


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Image : Tranchée du Projecteur dans le Bois Carré de Beulay (Vosges). Cliché Yann Prouillet, 2009. Fonds Edhisto. 



L'Ormont, un observatoire majeur disputé

Le 12 septembre 1914, les Français réoccupent Saint-Dié derrière le repli allemand mais celui-ci s’accroche sur l’Ormont. L’état-major du général Dubail décide d’engager ses 41ème et 71ème divisions afin de purger des pentes de l’Ormont les troupes allemandes des 1er et 9ème régiments d’Ersatz Bavarois. Le 23ème R.I. au nord, en, direction de la ferme de la Côme, le groupement Contet au sud-ouest, entre le col de Chariot et la Roche d’Ormont et le 46ème BCP en direction du Spitzemberg formeront la pointe de l’attaque générale axée ouest/est. Elle se déclenche le 16 septembre au matin. La liaison dans cette zone où la montagne forme un nid d’aigle qu’il faut gravir et conquérir, avec des combats de type « tuile romaine » (voir à ce sujet celui de la barre rocheuse de la Roche Mère Henry). L’attaque est en outre mollement soutenue par l’artillerie divisionnaire, lente et insuffisante dans ce type de terrain. Bien entendu, de leur côté, les Bavarois ne subissent pas la pression sans réaction et parviennent même à s’infiltrer entre la cote 872 et le Chariot. Au soir du 17, celui-ci est repris s ne sont pas négligeables dans les rangs des chasseurs du 5ème BCA et du 46ème BCP. Le 18 septembre, l’attaque de la 41ème division est relancée dans les mêmes directions que la veille. Les réserves disponibles ne sont plus constituées qu’à un unique bataillon. Quant à l’action de la 82ème Brigade, elle débouche à 8 heures et subit immédiatement le feu violent des obusiers allemands. La progression, lente et pénible, s’amorce toutefois et à midi, le 23ème RI parvient à avancer sur les pentes nord du massif. A la 81ème brigade, l’attaque démarre dès 6 heures provoquant une résistance acharnée des Bavarois qui fait douter le commandement (général Goybet). A 16 heures 30, deux attaques se déclenchent sur le flanc sud est de l’Ormont en direction du col du Spitzemberg. Elle n’obtient pas tous les résultats souhaités mais parvient à enfoncer les troupes françaises dans le dispositif de résistance allemand au-dessus du col d’Hermanpère. Les allemands peinent ainsi à conserver assez de terrain pour pouvoir conserver la crête sans être menacés sur les contreforts et à leurs pieds. Menacés sur leur droite, les défenseurs bavarois sont contraints de retraiter le 19 septembre. Sous la pression des troupes du 23ème RI, ils refluent au nord sur le col et les hauteurs à l’est celui-ci, abandonnant la ferme de la Côme et les quelques maisons du hameau d’Hermanpère. Seule la butte témoin du Spitzemberg, satellite sud de l’Ormont reste aux mains des Allemands ; elle devra faire l’objet d’une concentration des feux et c’est au 152ème régiment d’infanterie qu’il appartiendra de procéder à sa conquête. Cette opération, débutée le 20 septembre à 10 heures, ne s’arrêtera que le 26 avec la perte pour les Allemand de cette butte observatoire qui, sans être majeure, avait un rôle symbolique.


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Image : L'Ormont, au nord de Saint-Dié-des-Vosges, pris depuis la Cote 607. Cliché anonyme, ca 1916. Fonds Jean-Claude Fombaron.

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